L'un des traits caractéristiques de la littérature européenne de l'extrême contemporaine est sans aucun doute sa tendance à revenir, de manière presque obsessive, à l'écriture de certains des événements historiques les plus importants et significatifs, le plus souvent caractérisés par une dimension violente. Les traces des traumatismes du passé ne cessent pas d'affecter le temps présent, en agissant constamment sur la sphère socio-politique de nos jours. Ils influencent ainsi, de manière décisive, certains aspects culturels liés, en particulier, au thème de la formation, de la sédimentation et de la transmission de la mémoire. Il s'agit, en d'autres termes, d'" un passé ici, nous passe pas " selon une formule très efficace, inventée par l'historien français Henri Rousso. Plus précisément, on peut dire que les protagonistes de la littérature actuelle se consacrent soigneusement à la (ré-)écriture de la guerre, justement parce que celle-ci fournit des voies d'accès privilégié pour analyser - et éventuellement modifier - les liens qui sont inévitablement établies entre le présent et le passé, la mémoire historique et l'identité collective. Compte tenu de ces réflexions préliminaires, la thèse propose d'étudier ce nœud crucial de la production littéraire actuelle, en se concentrant, notamment, sur le travail de trois auteurs particulièrement représentatifs du phénomène identifié. Les cas d'études examinés sont Javier Cercas, Jonathan Littell et Wu Ming, trois auteurs qui partagent le même intérêt, le même regard critique sur les guerres du passé et leur héritage actuel. Leurs œuvres sont ainsi animés par le même souci de remettre en question les voies et les formes selon lesquelles la mémoire a été transmise, en interrogeant l'histoire violente d'une nation en tant que substrat pour la formation de l'identité communautaire.
Ecrire la guerre, imaginer la communaute. Littell, Cercas, Wu Ming.
2018
Abstract
L'un des traits caractéristiques de la littérature européenne de l'extrême contemporaine est sans aucun doute sa tendance à revenir, de manière presque obsessive, à l'écriture de certains des événements historiques les plus importants et significatifs, le plus souvent caractérisés par une dimension violente. Les traces des traumatismes du passé ne cessent pas d'affecter le temps présent, en agissant constamment sur la sphère socio-politique de nos jours. Ils influencent ainsi, de manière décisive, certains aspects culturels liés, en particulier, au thème de la formation, de la sédimentation et de la transmission de la mémoire. Il s'agit, en d'autres termes, d'" un passé ici, nous passe pas " selon une formule très efficace, inventée par l'historien français Henri Rousso. Plus précisément, on peut dire que les protagonistes de la littérature actuelle se consacrent soigneusement à la (ré-)écriture de la guerre, justement parce que celle-ci fournit des voies d'accès privilégié pour analyser - et éventuellement modifier - les liens qui sont inévitablement établies entre le présent et le passé, la mémoire historique et l'identité collective. Compte tenu de ces réflexions préliminaires, la thèse propose d'étudier ce nœud crucial de la production littéraire actuelle, en se concentrant, notamment, sur le travail de trois auteurs particulièrement représentatifs du phénomène identifié. Les cas d'études examinés sont Javier Cercas, Jonathan Littell et Wu Ming, trois auteurs qui partagent le même intérêt, le même regard critique sur les guerres du passé et leur héritage actuel. Leurs œuvres sont ainsi animés par le même souci de remettre en question les voies et les formes selon lesquelles la mémoire a été transmise, en interrogeant l'histoire violente d'une nation en tant que substrat pour la formation de l'identité communautaire.| File | Dimensione | Formato | |
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https://hdl.handle.net/20.500.14242/139686
urn:nbn:it:unibo-22733